Le musée Maillol revient sur quarante ans de création du plus célèbre des peintres congolais, une icône mondiale de l’art contemporain africain.
Il a 16 ans quand il arrive à Kinshasa tout droit de sa campagne. Aussi talentueux qu’ambitieux, il ne manque ni d’assurance ni de certitude qu’un jour il écrira sa légende.

Indéniablement son talent de dessinateur s’impose. Il sera également bédéiste mais commencera par de la peinture d’enseigne, un exercice artistique très réputé en son pays, la République démocratique du Congo. Très vite, il ouvre les portes de son atelier où il exposera ses premières œuvres signées de son pseudo « Chéri ».

Rapidement, le succès s’installe. Son style s’impose, reconnaissable entre tous, par lequel le « peintre journaliste », comme il se nomme, peint avec réalisme et humour sa ville, la société kinoise, les embouteillages monstres, les relations hommes femmes, les brutalités policières, la corruption, le système K… Avec, en guest star au centre de la toile : lui, le messager, le plus beaux des troubadours. À ce propos il dira : « l’art sert à mettre au jour les vérités restées dans l’ombre. C’est ce que j’ai essayé de faire dès le début mais jamais sans me départir d’une dose d’humour. »

En 1989, Jean-Hubert Martin le sélectionnera pour participer à l’exposition mythique « Magiciens de la terre » au Centre Pompidou. C’est le début de la gloire. Son talent sera révélé au monde occidental et marquera son entrée dans la collection de Jean Pigozzi, exposée aujourd’hui à Maillol.

« C’est à ceux qui déploient leur imaginaire que le monde appartient. »

Toujours connecté à l’actualité, rien ni personne n’échappe à l’agilité de ses pinceaux. À travers ses toiles s’écrit l’histoire « tragico-comique » et souvent tournée en dérision par Chéri Samba, la tragédie du 11 septembre, Barack Obama devenu président des États-Unis, l’épidémie de Covid, et plus récemment le changement climatique…

Aujourd’hui, bien qu’imité par une génération de jeunes prodiges congolais comme Enjeyo Bakaka, JP Mika, Chéri Chérin et d’autres, le grand maître a imposé son style unique, cet « art populaire », à la portée de tous, qui célèbre l’âpreté du quotidien kinois, mais avec dérision, humour et grâce, toujours.

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